Le chocolat est obtenu par la fermentation, la torréfaction, et le séchage des fèves amères provenant du cacaoyer (Theobroma cacao) originaire de l'Amérique.
- Chocolat noir
Le chocolat noir, aussi appelé chocolat fondant ou chocolat amer, est le chocolat proprement dit. C'est un mélange de cacao et de sucre.
Pour pouvoir être appelé « chocolat », il doit contenir au minimum 34 %
de cacao. En dessous, on parle de « confiserie chocolatée ». Le besoin
en sucre dépend de l'amertume de la variété de cacao utilisée. Il
connaît un renouveau de consommation depuis le début des années 1990 même s'il reste moins consommé que le chocolat au lait.
Chocolat non sucré
Le chocolat non sucré est de la pâte de cacao pure sans addition de sucre.
- Chocolat au lait
Le chocolat au lait est du chocolat qui est obtenu en ajoutant du lait en poudre ou du lait concentré. Il contient moins de 40 % de cacao. La loi américaine exige une concentration minimum de 10 % de cacao. Les règlementations européennes indiquent un minimum de 25 % de cacao. Il est aussi calorique que le chocolat noir (moins gras mais plus sucré). Pendant longtemps,
il a été beaucoup plus apprécié et consommé. Cependant on peut trouver
chez certaines enseignes de luxe des chocolats au lait à 45 % de cacao
ou plus
- Chocolat blanc
Le chocolat blanc est une préparation à base de beurre de cacao, additionné de sucre, de lait et d'arôme, sans aucune composante solide de cacao. Il est surtout utilisé en confiserie pour jouer sur le contraste des couleurs.
- Chocolat de couverture
Le chocolat de couverture
est un chocolat de très bonne qualité utilisé par les chocolatiers et
les pâtissiers comme matière première. Il peut être noir ou au lait,
mais contient au moins 32 % de beurre de cacao, ce qui le rend très
fluide pour réaliser un enrobage plus fin qu'un enrobage classique.
- Bonbons de chocolat
On appelle bonbons de chocolat des bonbons d'une dizaine de grammes composés de chocolat. Citons les pralines, les bonbons enrobés dont l'intérieur peut être composé de ganache ou de praliné et les dragées.
- Bouchées de chocolat
Législativement parlant, un bonbon de chocolat qui n'entre pas en une fois dans la bouche est appelé bouchée. Une bouchée pèse environ 40g.
En Europe, les deux pays les plus réputés pour le chocolat sont :
La France, dans une moindre mesure, est connue pour les chocolats noirs
et épicés. Historiquement, l'artisanat existant dans le sud-ouest de la
France a pour origine les marchands juifs chassés d'Espagne par l'Inquisition.
Depuis 2003, la règlementation européenne s'est alignée sur les directives de l'Institut national des appellations d'origine (INAO) qui régit les appellations vinicoles. La classification suivante décrit les chocolats de qualité :
- les chocolats d'origine doivent être produits à partir d'un cacao provenant d'un seul État ou pays ;
- les chocolats de crus sont issus de cacao d'une région géographique identifiée voire d'une plantation unique ;
- les chocolats grands crus caractérisent les chocolats dont
le cacao a un caractère particulier identifiable de façon unique ce qui
justifie un prix élevé.
L'organisme mondial du commerce du cacao (International Cocoa Organization
ICCO) a aussi mis en place depuis 1994 une liste des pays producteurs
de cacaos fins ou cacaos à saveurs remarquables par leur arôme et leur
couleur.
Fabrication du chocolat
Fèves de cacao, produit de base du chocolat
Le chocolat est produit à partir de la fève de l'arbre appelé cacaoyer. On en trouve différentes espèces répartis dans les régions chaudes du monde. Sa culture est assez exigeante et le fruit produit, appelé cabosse est récolté deux fois par an lorsqu'il est à maturité. Le cacaoyer existe sous différentes variétés comme les criollos, les forasteros et les trinitarios qui produisent des cacaos de différentes saveurs et arômes.
La cabosse mûre détient une couleur particulière à sa variété et émet un tintement caractéristique lorsqu'on la secoue.
Machine de torréfaction (gravure de 1904
)
Écabossage, fermentation et séchage
Cette étape se déroule chez les propriétaires des plantations de cacaoyers. Le fruit (cabosse)
est fendu avec une machette et vidé de ses fèves et sa pulpe. Les fèves
sont égrainées de l'axe central et triées. Les fèves sont placées dans
des bacs et recouvertes de feuilles de bananier.
D'autres plantations laissent les graines en tas ou utilisent des
paniers suivant les moyens qu'elles ont. La température varie de 45°C à
50°C. On les laisse reposer environ une semaine avec des phases de
brassages régulières. La fermentation débarrasse les fèves de leur pulpe, réduit le goût amer et développe les précurseurs d’arôme.
Une première fermentation se déroule de façon anaérobie sous les feuilles de bananiers. La pulpe
acide et sucrée des cabosses se transforme en alcool durant cette
phase. C'est la même fermentation que pour le moût de raisin. Une
seconde fermentation dite fermentation lactique se déroule très
rapidement. Puis, les jus s'écoulent et l'air pénètre dans les tas de
fèves favorisant une troisième fermentation, la fermentation acétique.
La température élevée tue le germe
de la fève de cacao. Durant cette phase, les fèves changent de
couleurs. À la récolte, elles sont blanches ou violettes et virent
après la fermentation au brun chocolat.
À ce stade, elles contiennent encore 60 % d’humidité qu’il faut
réduire à 7 % pour assurer une conservation et un transport optimaux.
Les fèves sont alors séchées au soleil ou dans des séchoirs pendant 15
jours et parfois lavées (Madagascar).
Elles sont retournées de façon régulière afin d'assurer un séchage
homogène. Le séchage comme la fermentation joue sur les arômes du
cacao. Elles sont ensuite expédiées et le reste du traitement se
déroule en chocolaterie.
Torréfaction, concassage et broyage
Machine de broyage (gravure de 1904
)
Comme pour le café, les fèves sont torréfiées
afin d'augmenter l'arôme. Cette phase se déroule après nettoyage des
graines dans un torréfacteur. Les fèves sont cuites à cœur avec leur
coque puis elles sont décortiquées. Elles sont ensuite broyées et
transformées en éclats, que l'on appelle nibs ou grué.
La torréfaction dure en général 40 minutes à 140°C. Mais elle diffère
suivant les espèces et les arômes que l'on désire obtenir. La
torréfaction permet aussi de réduire l'humidité des fèves de 7 % à 2 %.
Les grains de cacao sont transformés en pâte liquide : la masse de cacao. Le beurre de cacao
est alors séparé de la masse par pression. Cette étape se déroule dans
une broyeuse constituée de plusieurs cylindres de plus en plus serrés
et permettant d'affiner le broyage. Un affinage permet de réduire la
fève en grains très fins non décelables sur le palais de la bouche.
Ajout d’ingrédients et conchage
Machine de conchage (gravure de 1904
)
Les étapes précédentes ont permis d'obtenir une masse de cacao
auquel on va ajouter différents ingrédients suivant le chocolat que
l'on désire. Le chocolat noir est fabriqué en mélangeant beurre de
cacao (pour le fondant), cacao « solide » également nommé « tourteau »,
pour le goût, et sucre. Plus il y aura de sucre, moins le pourcentage
de cacao sera élevé. Du lait en poudre est ajouté si on désire du
chocolat au lait.
- Pour obtenir du chocolat noir, on ajoute à la pâte de cacao du
sucre et éventuellement du beurre de cacao pour le fondant (ou autre
graisse végétale).
- Pour obtenir du chocolat au lait, on ajoute à la pâte de cacao du
beurre de cacao (ou autre graisse végétale), du lait en poudre et du
sucre.
- Pour obtenir du chocolat blanc, on ne garde que le beurre de cacao,
et on ajoute du lait en poudre et du sucre. Le chocolat blanc ne
contient pas de cacao.
- Pour tous les chocolats, on ajoute souvent des arômes ou épices : très fréquemment la vanille, mais aussi d'autres épices.
Le conchage est le fait de chauffer le cacao afin d'augmenter
l'homogénéité, l'arôme et l'onctuosité du futur chocolat. Elle se
déroule à environ 70°C dans une mélangeuse qui brasse lentement le
mélange de chocolat. Durant cette étape, on peut ajouter des
émulsifiants. Les chocolats industriels contiennent presque tous un émulsifiant sous forme de lécithine de soja, qui prolonge l'homogénéité du mélange.
Le 15 mars 2000,
sous la pression des industriels du chocolat, la directive "chocolat" a
été adoptée par la Communauté européenne. Elle permet d'utiliser
d'autres matières grasses végétales (MGV),
moins chères que le beurre de cacao pour la fabrication du chocolat,
dans la limite de 5 % du poids total du produit fini. Sont considérés
comme MGV : l'illipé, l'huile de palme, le sal, le karité, le kogum
gurgi et les noyaux de mangue. Pour satisfaire la demande de certains
consommateurs connaisseurs, des marques ont créés leur label "100%
beurre de cacao" pour signaler sur certains chocolats que c'est un
chocolat de dégustation qui respecte la composition traditionnelle du
cacao.
Les commentaires récents